Chance et poker à tort et à raison
Le poker : au-delà du Hasard
Le dernier ouvrage en date annoncé comme « décisif » sur le Hold’em, n’est pas écrit par un champion, ne sort pas d’une grande maison d’édition, et n’adopte pas la forme habituelle du « manuel ». Mais il prend librement des points de vue souvent innovants, déroutants, même controversés…
Alors, à suivre ou pas ?
Le livre d’Alexis Beuve a déclenché un gros buzz sur Internet avant même sa sortie. Il a semble-t-il aussi intéressé les champions, dont la 4ème de couverture est pleine de concerts élogieux, depuis Bruno Fitoussi jusqu’à Isabelle Mercier, en passant par Michel Abécassis.
Ce qui est sûr, c’est qu’il s’agit d’un impressionnant pavé, de 750 pages et 1,5 kg, dont le prix est également assez lourd, autour de 56 euros. Ce qui est certain aussi, c’est que l’’ouvrage n’est pas vraiment destiné aux débutants : il a été écrit par un théoricien du jeu, qui démontre quasi mathématiquement chacune de ses assertions.
Excellent choix pour convaincre (et vaincre), mais on peut prendre peur devant des formules comme celle-ci. .. «Équation de la défense préflop contre une relance » en page 365.
Une forme plaisante
Ne vous laissez pas rebuter! Le parti pris narratif adoucit les maths: le narrateur est Ludo, un double du lecteur qui dialogue tout au long du livre avec trois mentors, un mathématicien, un analyste financier, et un coach/psychologue. Du coup, la lecture est dynamique, et les démonstrations mathématiques y perdent en austérité.
Autre avantage, les trois spécialistes se répondent les uns aux autres, ce qui permet d’aborder un même problème sous ses trois aspects.
Tout dans le préflop
Le livre est divisé en 7 sections… dont les 5 premières se concentrent sur le jeu préflop ! En effet, le grand postulat de Beuve est que toute la stratégie au poker s’exprime préflop. À partir du flop, ce ne serait plus qu’un jeu de tacticiens. Stricto sensu, cette vision est tout à fait défendable le stade préflop est le moment stratégique où l’on choisit le dimensionnement de son armée (sélection des cartes privées). Aux tours suivants, on la fait manœuvrer par des mouvements tactiques (enchères et mises).
A contrario, on pourrait objecter que le but du poker étant d’accumuler des jetons, la distinction stratégie+tactique n’est pas si pertinente, Car on ne peut pas déterminer qui, de la stratégie ou de la tactique, offre le meilleur potentiel vers ce but.
Affaire à suivre…
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