Profil des joueurs
Voici donc les 4 principaux profils de joueur que vous allez rencontrer à votre table :
LE TIGHT PASSIF
Sélection trop sélective :
Ce joueur n’a pas encore intégré la notion de « range » des mains et il veut surtout ne pas prendre de risques. Il n’acceptera de caller des miser pré flop que s’il a vraiment un gros jeu : à la limite, seulement avec A-A ! Bref, il ne joue qu’avec des monstres, et il a souvent du mal à les lâcher. Il vous paiera donc vos mises au flop, au turn et à la river s’il est sûr de ses cartes. En effet, il a une faible lecture des mises et des mains que vous pouvez avoir.
Prenons un exemple : vous avez une paire de 9 et vous vous retrouvez en duel contre le « tight-man » de la table. Vous savez que sa range de mains va de A-A à Q-Q en passant par A-K. S’il apparaît un flop A-K-x, vous êtes presque certain d’être battu dès maintenant. Donc, si vous payez la mise adverse, c’est que vous espérez obligatoirement un 9 au turn ou à la river : mieux vaut se coucher sauf si sa relance est dérisoire.
Domination de départ :
Face à ce type de joueur, il faut donc bien considérer que nous sommes presque tout le temps dominés préflop dès qu’il entre en jeu. Nous devons donc compter sur le flop pour nous permettre de rivaliser avec sa main de départ. En cas de non amélioration au flop, il est alors très risqué d’engager un jeton de plus dans le pot.
Dans cet esprit, notez qu’il est possible de rentrer avec des mains moyennes, à construire, dans l’espoir de faire subir une défaite inattendue.
Mais attention, ces joueurs aiment quand même s’appuyer sur leur image pour tenter de voler quelques coups, leur bluff rencontrant alors un minimum de résistance.
Dès qu’ils relancent un pot, leurs adversaires, parce qu’ils les ont bien observés, ont bien sûr tendance à prendre peur et à abandonner le coup.
LE TIGHT AGRESSIF
Des bases bien comprises :
Ce profil de joueur est indéniablement le plus répandu. Serré, il joue seulement quelques gros pots et, agressif, il n’entre en jeu qu’en relançant ses mains préflop. Il cherche systématiquement à éviter qu’un grand nombre de joueurs reste dans le coup. Sa sélection de mains est composée des mains premium jusqu’au suited connectors, en descendant parfois jusqu’à 7-8. Bref, ce joueur a bien compris tout les principes tactiques de base du Hold’em, et c’est selon eux que toutes ses actions sont réfléchies.
Effets de surprise :
Donc, pour le contrer en face à face, vous ne devez pas hésiter à effectuer régulièrement des moves « illogiques ». De plus, s’il voit une résistance quelconque dès le tirage du tableau, il aura tendance à se coucher, car il est très sensible à la cote du pot. Il la suivra aussi s’il est plutôt faible mais espère un tirage : un bon check raise pourra le déstabiliser et/ou le ruiner !
Mais attention à ne pas le sous-estimer : en cas de rush il est presque impossible à déstabiliser…
LE LARGE AGRESSIF
Toujours dans le coup :
Le « LAG » se caractérise par son hyperactivité : il joue énormément de coups tout en relançant à la première occasion. Sa sélection de mains ferait pâlir de peur un « amélioration passif ».
En effet, il n’hésitera pas à relancer avec une main aussi marginale que 8-10 dépareillés. Et, il sera toujours prêt à payer votre mise au flop pour essayer de trouver sa couleur au turn.
Dans ces conditions, son call au flop vous poussera dans la majorité des cas à checker sur le turn, ce qui lui offrira deux opportunités intéressantes : il pourra aussi bien miser pour gagner tout de suite le coup, que checker pour trouver une de ses cartes aux tirages ultérieurs. Et s’il la trouve, elle sera assez anodine pour ne pas éveiller votre méfiance…
Allez au charbon :
Pour gagner contre ce joueur, vous ne devez donc pas avoir peur de jouer vous aussi un jeu moyen. Vous pourrez avoir le temps de le construire, car le LAG cherche beaucoup le tirage.
D’une certaine façon, il rappelle ces nombreux joueurs qui sévissent dans les casinos marocains, parlant souvent de « projet couleur » : dès qu’ils ont un tirage couleur au flop, ils attendent ce « projet » au turn et à le river en payant n’importe quelles mises !
Certes, le LAG est un peu plus raisonnable, mais jouer beaucoup de mains ne le dérange en rien. Vous devez donc vous forcer à élargir vos critères de sélection face à ce type de joueur.
Ce qui implique cependant de votre part plus d’agressivité postflop, si vous ne voulez pas gaspiller trop de jetons.
LE LARGE PASSIF
Rendez-vous galant :
Reste le joueur le plus agréable à défier : le large passif. Il joue presque toutes les mains sans relancer. Il considère comme bonne main tout Ad, bien « kické » ou non. Sa spécialité est le limp en n’importe quelle position.
On le surnomme « calling station » ou « fish » selon les goûts. Il prend très peu d’initiatives sur une main, il ne connaît pas non plus le check raise, mais il pratique le check call dans le meilleur des cas. En effet, caller vos relances ne le dérange pas, peu importe sa position. Il fera souvent don de son stack (à moins d’être dans un grand jour de chance) et c’est à vous de trouver la meilleure solution pour qu’il vienne grossir le vôtre.
La foule en tête à tête
Essayez donc d’isoler le large passif en duel, c’est du tout bon ! Mais faites attention car tout le monde l’aura repéré à la table et il y aura pas mal de prétendants pour l’affronter.
En lieu et place du duel facile que vous espériez, vous risquez donc de vous retrouver entraîné dans un gros pot multi joueur, d’autant plus multi que le large passif est tentant pour tout le monde, et d’autant plus gros que vous avez relancé fort… pour vous isoler !
Adaptez donc strictement votre stratégie à votre position de parole.


